murdefeu_retablissement-dependances-drogues_travail-des-etapes-de-narcotiques-anonymes

Dixième étape (2/6)

Bien et mal

La dixième étape dit que nous devons promptement admettre nos torts. Cette étape laisse supposer que nous n’ignorons pas à quel moment nous avons tort : en réalité, la majorité d’entre nous ne le savent pas, en tout cas pas dans l’immédiat. Ce n’est que par la pratique régulière de l’inventaire personnel que nous parvenons à reconnaître les moments où nous avons tort.

Voyons les choses en face : à nos débuts dans le rétablissement, nous étions encore particulièrement inadaptés au monde. Comme le mentionne le Texte de base, “notre fonctionnement quotidien avait régressé au niveau de la vie animale”. Nous ne savions pas communiquer avec les autres. En rétablissement nous avons dû apprendre, mais au cours de cet apprentissage, nous avons commis beaucoup d’erreurs. Nombre d’entre nous ont alors traversé une période de grande rigidité dans l’application des valeurs qu’ils avaient découvertes en rétablissement. Ils appliquaient non seulement cette rigidité à eux-mêmes, mais également à tout leur entourage. Ils pensaient que confronter ceux dont le comportement était ‘inacceptable” était une question de principe et allait de soi. En vérité, c’était leur comportement qui était inacceptable. Ils étaient remplis d’arrogance et de vertueuse suffisance. Ils avaient torts.

En revanche, après avoir servi de paillasson à tout le monde pendant des années, certains d’entre nous ont cru que le rétablissement imposait de s’affirmer. Mais ils allaient trop loin et exigeaient d’être traités parfaitement, en permanence, par tout le monde. Nul n’était autorisé à avoir une journée difficile et ne devait oublier de retourner leurs appels. Sans cacher leur irritation, ils exigeaient, par exemple en voyage d’affaire, un service impeccable. Ils étaient loin de s’affirmer. Ils étaient immatures et agressifs. Ils avaient torts.

Il est possible également de causer du tort à une personne qui nous blesse. De quelle manière ? Admettons que notre parrain nous ait dit quelque chose de très blessant. Au lieu d’en discuter avec lui, nous en parlons à dix ou vingt amis proches au cours des trois prochaines réunions où nous allons. Avant la fin de la semaine, la moitié de la communauté de NA locale commente “l’horreur” qu’un tel a dit à l’un de ses filleuls, sans compter que l’histoire peut avoir été déformée ! Cette histoire qui débute sans mauvaise intention nous fait réfléchir sur notre responsabilité dans le tort commis envers notre parrain et le préjudice causé à sa réputation au sein du programme. Lui, comme nous, a le droit de commettre des erreurs et de se rétablir à son rythme.

Extrait de l’ouvrage de Narcotiques Anonymes,
Guides de travail des étapes de Narcotiques Anonymes,
édition 2002, p. 113. à p. 116.
.
.

Au cours de mon rétablissement, y a-t-il eu des moments où j’ai mal agi sans m’en rendre compte immédiatement ? Quels ont été ces moments ?

Réponse à venir…

Comment mes torts affectent-ils ma vie ? La vie des autres ?

Réponse à venir…

Imaginer les torts commis n’est pas toujours facile, mais les admettre est encore plus difficile. Aussi, comme à la neuvième étape, devons-nous, en les admettant, faire attention de ne pas en causer davantage.

Par exemple, nous avons blessé un membre de notre entourage sans réellement savoir ce que nous avons pu dire ou faire pour lui causer du tort, et nous nous en apercevons, car depuis cette personne ne nous parle plus. Au lieu de prendre le temps de réfléchir à ce que nous avons fait, ou de lui demander, nous décidons de parer à toute éventualité et d’endosser tous les torts. Nous abordons la personne en lui disant : “pardonne-moi, je t’en pris, de tout ce que j’ai pu faire pour t’offenser et te blesser, depuis le temps que nous nous connaissons…”.

Dans une telle situation, la dixième étape requiert un moment de réflexion. Si nous réfléchissons à la période où cette personne a changé à notre égard et si nous nous rappelons le comportement que nous avions immédiatement avant ce changement, il est probable que nous découvrions de quelle manière nous avons mal agi. Cela peut être douloureux et embarrassant d’y penser, et peut demander un gros effort, mais n’en est-il pas ainsi de toutes les étapes ? La paresse est un défaut de caractère comme n’importe quel autre, et nous ne devons pas nous laisser dominer par elle. Dons, si nous ne trouvons pas ce que nous avons pu lui dire ou faire de blessant, il n’y a rien de mal à dire à la personne que nous avons remarqué sa colère et ses reproches, que nous avons à coeur nos relations mutuelles, et que nous aimerions savoir ce qui ne va pas. Dans une telle situation, la plupart d’entre nous redoutent ce qu’ils vont entendre, mais on ne peut laisser la peur empêcher le travail de la dixième étape.

Une autre façon d’ôter toute efficacité à ce travail est d’admettre nos torts et, immédiatement après, dénoncer ce que l’autre a commis pour nous faire réagir de la sorte. Par exemple, un de nos enfants se conduit de manière odieuse, nous réagissons en criant et en le traitant de tous les noms. Si, au moment d’admettre notre tort, nous déclarons que nous avons été contraints d’agir ainsi à cause de sa manière de se comporter, nous ne faisons que justifier le tort initial que nous avons causé et qu’ici, nous multiplions par deux.

Contrairement au étapes quatre et neuf, qui nous font examiner les événements du passé, la dixième étape est une étape d’entretien. Accumuler les torts sans les réparer n’est pas souhaitable. Nous devons nous efforcer de mettre du cœur à l’ouvrage. Notre travail consistera, en majeure partie, à effectuer de constants ajustements sur notre manière de voir les choses. Si nous nous surprenons à nous plaindre sans cesse, ou remarquons que nous tombons dans le pessimisme, il sera bon de se remémorer tout ce qui nous donne de la gratitude. Nous devons nous efforcer de regarder de quelle manière nous réagissons après avoir fait quelque chose de mal. Notre premier mouvement est-il de s’excuser ? Prétendons-nous subir l’influence néfaste de quelqu’un ou de notre maladie ? Toutes excuses mises à part, nous sommes responsables de ce que nous faisons. Il se peut très bien que nos défauts de caractère aient infesté notre personne, mais cela n’excuse pas notre comportement. Nous ne devons pas nier notre responsabilité. Quant à nos déficiences, nous devons continuer d’être disposés à les voir disparaître.

“Nous avons admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus”. Que signifie ce la pour moi ?

Réponse à venir…

Au cours de mon rétablissement, ai-je empiré la situation en parlant trop tôt à quelqu’un ou en rejetant la cause de mon comportement sur quelqu’un d’autre ? Donner des exemples.

Réponse à venir…

En quoi le fait d’admettre promptement mes torts m’aide-t-il à changer de comportement ?

Réponse à venir…

La dixième étape fait ressortir la nécessité de poursuivre l’inventaire personnel tout en donnant le sentiment que celui-ci doit être fait uniquement dans les circonstances où nous sommes en tort. Comment les reconnaître si, en contrepartie, nous ne pouvons les comparer avec celles où nous avons raison ? Reconnaître les occasions où l’on fait bien les choses, tout comme édifier son propre système de valeurs morales, font autant partie de la démarche d’inventaire personnel que le fait d’identifier ses propres défauts. Pour beaucoup d’entre nous, avoir raison est une notion qui nous pose problème. Nous nous revoyons en train de défendre âprement une opinion, simplement parce que nous savions que nous avions raison. Mais à la lumière de notre rétablissement, nous parvenons à comprendre à quel point le fait d’écraser les autres au cours d’uns discussion nous place en tort. Nous pensons à nos valeurs morales et nous avons raison de croire qu’elles correspondent bien à notre personne, mais si nous insistons trop pour que les autres les adoptent, nous avons tort et tombons alors dans la suffisance. Comment bien vivre le fait d’avoir raison ? D’abord et avant tout, nous devons travailler les sixième et septième étapes afin de ne pas laisser nos défauts de caractère influer d’une manière néfaste sur nos actes. Ensuite, nous ne devons pas oublier qu’il faut un certain temps, ponctué de tentatives et d’erreurs, pour arriver à être réellement en harmonie avec notre nouvelle manière de vivre en rétablissement.

Y a-t-il eu au cours de mon rétablissement des situations où je me suis senti mal tout en pouvant affirmer que j’avais bien agi ? Décrire.

Réponse à venir…


PAGE PRÉCÉDENTE
Etape 10 – Chapitre 1
Ressentir ou agir

RETOUR
Sommaire
12 Étapes

PAGE SUIVANTE
Etape 10 – Chapitre 3
A quelle fréquence devons-nous faire un inventaire personnel ?

YouTube
YouTube